4B. Mardi 19 mai Lundi 25 mai
Colonies et fin des colonies au XX° siècle
Ce qui frappe le plus, c’est la persistance qui va durer très longtemps pour les Européens que ce racisme habituel est normal. La contestation va rester très longtemps minoritaire et isolée. Les exemples restent surtout franco - Africains, et centrés autour de quelques évènements, pour vous permettre de pouvoir réfléchir sur le fait colonial et ses conséquences sur le long terme, y compris jusqu’à aujourd’hui.
Images 2, 3, 4 :
Il y a d’abord la période de la Première guerre mondiale, entre 1914 et 1918.
D’abord, on fait la guerre en Afrique ; Les pays européens ont presque tous des colonies en Afrique. On se bat aussi là bas. Et ce sont bien vite les Alliés Franco Anglais qui l’emportent. Par conséquent, les territoires ex Allemands changent de « maitres. » Et puis bien vite l’Afrique se vide de ses hommes jeunes, tous envoyés sur le front, en France. On les utilise en première ligne et ils vont tomber par dizaines de milliers. Ils sont considérés comme de bons combattants. Le patriotisme « forcé » n’est cependant pas « payé en retour.» Ils retournent ensuite à leur condition d’inférieurs. On les raille, on les exhibe, comme des bêtes de foire et on les exploite au maximum.
1920 à 1934 :
Images 5, 6, 7 :
L’affaire du train du Congo est exemplaire en la matière.
Commencés en 1921, les travaux de la ligne de chemin de fer reliant Brazzaville à Pointe Noire au Congo durent 13 ans. La ligne, inaugurée le 10 juillet 1934, permet de relier les territoires situés à l'intérieur de l'AEF avec l'Océan Atlantique.
Vous allez commencer par travailler sur les documents des images 6 et 7, et répondre par écrit à la question, sur votre cahier. La suite du cours ne sera lue qu’APRES puisqu’elle constitue, entre autre, un corrigé et un approfondissement.
« Regardez et lisez les deux documents qui parlent d'un même sujet, la construction d'une ligne de chemin de fer. Montrez qu'ils sont en totale opposition et qu'il s'agit d'œuvres de propagande ».
Images 8 à 11 :
Entre temps il y a l’Exposition coloniale à Paris, qui construit entre Paris et Vincennes un résumé architectural de l’Empire Français et le transforme en parc à visiter « avec ses indigènes » que l’on exhibe comme des curiosités. Le gouvernement veut faire la promotion de son Empire. En 1930, c’est la fin du rêve de grandeur de la France (et de l’Angleterre également), et l’on ne s’en rend pas compte du tout ! (Les Anglais rencontre des problèmes graves en Inde : image 12)
« Aujourd’hui la conscience coloniale est en pleine ascension. Des millions et des millions de Français ont visité les splendeurs de Vincennes. Nos colonies ne sont plus pour eux des noms mal connus, dont on a surchargé leur mémoire d’écoliers. Ils en savent la grandeur, la beauté, les ressources : ils les ont vues vivre sous leurs yeux. Chacun d’eux se sent citoyen de la grande France, celle des cinq parties du monde. »
Paul REYNAUD, ministre des Colonies, Le Livre d’or de l’Exposition coloniale internationale de Paris 1931
Image 13 :
Entrainez vous à l’oral.
La vision colonialiste contre la vision marxiste
1920 à 1934 : L’affaire du train du Congo corrigé et approfondissement.
L’Afrique équatoriale française a été découpée en quarante énormes concessions territoriales – 700 000 kilomètres carrés pour l’ensemble. Fondé sur le monopole et la contrainte, ce système a engendré le pillage. Les entreprises de colonisation réalisent des bénéfices colossaux sur l’ivoire, le latex, le cuivre… mais, en retour, elles ne font aucun investissement sur place, ne créent aucune infrastructure.
Couvert d’une épaisse végétation, le sol en décomposition est glissant, instable. La pluie interrompt sans cesse les opérations. Dans de telles conditions, les besoins sont estimés à 10 000 hommes au travail en permanence pendant trois ans et demi pour un seul tronçon. Cette main-d’œuvre ne coûtant rien, la société lui fait tout faire à la main, ou presque. On abat les arbres à la hache, on casse les pierres au marteau, on transporte des barils de ciment et des rails de 15 mètres de long à la main, on creuse les tunnels à la pioche… Les hommes travaillent sept jours sur sept, toute la journée, avec une seule courte pause pour manger. L’approvisionnement des camps, à dos d’homme, est aléatoire.
Encadrés par des miliciens aux ordres des Blancs, les indigènes sont maintenus au travail sous la contrainte, et ne touchent parfois, pour tout salaire, qu’un peu de sel ou de tissu. Les gardes-chiourmes frappent les récalcitrants et les hommes lents, tirent sur les fuyards. Ceux qui sont repris sont fouettés, voire exécutés, pour l’exemple. Au total, entre 18 000 et 23 000 hommes, soit environ 15 % des 127 250 travailleurs recrutés pour construire le Brazzaville-Océan, périrent sur les chantiers. Voilà la réalité de ce chantier qui rappelle l’esclavage et se fait avec l’acceptation de l’administration française et permet d’enrichir outrageusement une minorité d’industriels français.
Images 14 et 15 :
1939 – 1945 : Cette deuxième guerre mondiale ressemble à la Première pour les Africains : Les hommes jeunes sont mobilisés, partout, en 1939, et lorsque les Français de la Métropole « sortent du jeu » pour cause de défaite, c’est sur le sol Africain, et avec beaucoup d’Africains que la guerre va reprendre et se poursuivre. Ces Africains vont « représenter la France » et sauver l’honneur du pays colonisateur en Italie et en France, et même en Allemagne jusqu’en 1945.
Image 16
Mai 1945 marque la date la plus évidente des histoires différemment vécues par ceux qui colonisent et ceux qui sont colonisés. Les Français vivent cette date comme une libération puisqu’elle signe la défaite de l ‘ennemie nazi, mais les Algériens comme celle d’une rupture définitive car ce même 8 mai 1945, dans la montagne algérienne, des jeunes refusent cette situation de colonisés et procèdent à des attentats importants qui font une centaine de morts et autant de blessés. Dépassées, les autorités en Algérie ont procédé hors justice et rétabli l’ordre en utilisant une répression démesurée envers la population civile. Dés lors, sans changement politique, on va se diriger vers l’affrontement.
Image 17 :
Ailleurs en Afrique, la phase 1945_1960 montre que la voie concertée vers la décolonisation a pu bien se dérouler dans nombre de territoires. L’empire change d’abord de nom, il devient depuis 1946 l'Union française, nouvelle appellation car la IVe République est d’abord résolue à conserver ses possessions. Les colonies françaises d'Afrique noire acquièrent leur indépendance de manière pacifique. Le processus commence en 1954 tous ces pays accèdent à l'indépendance au cours de l'année 1960 et entrent à l'O.N.U. dans les mois qui suivent. Depuis lors, la France est parvenue à conserver des liens étroits avec la plupart de ses anciennes possessions africaines, notamment grâce à une politique de coopération économique.
Image 18 :
Sans du tout l’aborder on doit juste évoquer que les lointains territoires de l’Indochine française font comme pour l’Algérie, cette expérience longue et douloureuse de la guerre pour accéder à l’indépendance vis à vis de la puissance coloniale. (1945 _ 1954).
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